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03/10/2010

Retraites : en bon ordre ?


Une réforme du système de retraites est nécessaire en France : ce constat fait largement consensus, et aurait pu donner lieu à un vaste débat public permettant à la Nation de se retrouver sur les valeurs qui assurent sa cohésion.

Mais au delà de l’enjeu politicien réduit à la préservation d’une image de fermeté du Palais, sur le fond, la pérennité des mesures annoncées, reposant sur des hypothèses de croissance et de chômage discutables, ne vise pas plus loin que la fin du mandat présidentiel. Cela seul suffirait à décrédibiliser une démarche qui consiste à imposer plutôt que de dialoguer.

Si la retraite par répartition est souvent reconnue comme un système protecteur, il est aussi admis que son équilibre est en danger.

Avec aujourd’hui 1.4 cotisant par retraité contre 4.4 dans les années soixante, on peut même considérer que le mécanisme de retraite par répartition s’apparente à une chaîne de Ponzi en cela qu’il vise à distribuer aux retraités les cotisations au fur et à mesure de leur collecte. L’affaire Madoff a récemment illustré le risque inhérent à un tel fonctionnement, dès que les demandes deviennent trop pressantes par rapport au fruit de la collecte. Le système de retraite est lui moins instable, d’une part parce que les cotisations restent obligatoires ce qui empêche le flux entrant de se tarir (même s’il demeure assujetti à la santé de l’économie, ainsi qu’à l’évolution de la pyramide des âges cf. le COR), et d’autre part parce qu’un retour moindre est toléré comme coût de la solidarité intergénérationnelle (par exemple la valeur des points AGIRC ARCO est de l’ordre de 100 pour 125 acheté, cf. la présentation de Danièle Karniewicz autour de la minute 36), un rendement négatif contre la certitude d’une assurance pour ses vieux jours – sauf que les pensions ne sont pas garanties aujourd’hui.

Comment éviter les risques inhérents à un tel système ? en consentant à un effort supplémentaire pour l’équilibrer, qui ne sera acceptable que si équitablement réparti. Je ne reviendrai pas ici sur toutes les inégalités et l’illisibilité du système actuel, mais seulement sur le volet « décote » de la loi en cours de discussion, dont le principe remonte à la loi Balladur de 1993 (cet aspect en fut alors peu contesté car il ne concernait que marginalement les demandeurs de l’époque selon les modalités d’application retenues).


Le mécanisme de la décote : une double peine

Une retraite du régime général sera versée « à taux plein », soit 50% du Salaire Annuel Moyen (SAM) de référence, à deux conditions : avoir atteint 62 ans, et validé tous les trimestres de cotisations requis (166). Quand un cotisant n'a pas le nombre de trimestres requis, il ne pourra pas prétendre à une retraite pleine mais seulement au pro rata du nombre de trimestres effectivement cotisés au nombre de trimestres requis. Ainsi, s'il a cotisé 158 trimestres au lieu de 166, une fois qu’il ne sera plus soumis à la décote, il touchera 158/166=95% de la pension correspondant à son taux plein, soit 47.6% de son SAM.

La décote est une pénalité réduisant encore cette retraite incomplète, si le cotisant n’ayant pas le nombre requis de trimestres validés prend sa retraite avant 67 ans : 1.25% par trimestre manquant, soit 5% par an, 25% pour 5 ans...

Ainsi, s’il lui manque 5 années de cotisations, ce n’est pas 146/166=88% d’une retraite à taux plein (50% du SAM) qu’il touchera, mais la moitié : seulement 25% du SAM alors qu’il a cotisé à hauteur de 44% du SAM en nombre de trimestres !


Cette disposition me paraît nuire à la nécessaire équité d’un système fragile reposant sur la solidarité nationale, déjà mise à mal par la multiplicité des régimes spéciaux. En effet, la décote est par essence inéquitable selon le principe même de la répartition : pour deux cotisants de situations identiques au nombre de trimestres validés près, chaque trimestre les cotisations de tous deux contribuent identiquement en étant redistribuées aux pensionnés du moment - pourtant les droits acquis correspondant à ce trimestre seront amoindris pour l’un d’entre eux…

Quels sont les arguments avancés pour justifier de la décote ?

L'objectif de son extension à 67 ans serait de faire des économies : non seulement leur montant est contesté, mais de plus comme un système par répartition ne peut faire d’ économies qu’à la marge, sa gestion ne portant pas par nature sur un large montant puisque les cotisations sont constamment redistribuées, il faut s’interroger sur qui fait les frais de ce qui n’est autre qu’une diminution de droits. En fait d’« économies » il s’agit

- soit de faire payer par des pénalités appliquées sur les retraites des cotisants - femmes ET hommes - dont le parcours professionnel ne leur a pas permis de remplir les conditions de durée et de régularité nécessaires à l’obtention d’un taux plein par la validation de suffisamment de trimestres pour atteindre le seuil à 62 ans,

- soit de retarder le moment de la liquidation de celles des retraites qui sont incomplètes, en faisant le plus souvent peser ailleurs la charge correspondante (unedic, caisses maladie, fond de réserve …)

Comme autre effet pervers des paramètres retenus pour la décote, on peut aussi penser que les cotisants à qui il manquera plus de 20 trimestres ne seront pas particulièrement enclins – si tant est qu’ils en aient l’opportunité – à valider des trimestres entre 62 et 67 ans, sachant que de toute façon il ne pourraient pas réduire leur décote avant 67 ans : de fait, pour eux, l’accès à leur droits à la retraite, proportionnellement amoindris mais sans amputation supplémentaire, sera à partir de 67 ans et pas avant.

Retarder l’exigibilité des droits acquis, c’est du même ordre qu’accorder un délai de paiement à Madoff : dans ce type de situation, chacun sait que les derniers servis sont les perdant. La décote consiste en faire payer les retraites des uns par un amoindrissement arbitraire des droits des autres, ce qui ne garantit ni l’équilibre, ni l’équité du système de retraites.


1812, la retraite de Russie – 2012, l’heure du bilan… dont celui de la première partie de la promesse présidentielle, celle de travailler plus, qui devra être plus suivie ou subie y compris une fois en retraite.

10/05/2010

Irresponsable, l’abstention des citoyens ? et celle des élus, donc !

Avec la succession des crises, un accroissement qui semble inexorable des dettes, il semble que l’heure des responsabilités approche… même si c’est encore à reculons. La gestion de la dette Grecque est l’occasion de replacer au centre des débats la question de la responsabilité : les citoyens doivent-ils payer l’impéritie de leurs dirigeants ? Si les avis sur les blogs sont partagés, tous n’exonèrent pas les citoyens des dérives de leurs gouvernements… et in fine, qui d’autre sinon les forces vives d’une nation remboursera de telles dettes ?

A Nogent, le dernier Conseil Municipal était l’occasion de voter le budget. Je ne reviendrai pas ici sur les orientations et pratiques budgétaires du Maire (sa propension à laisser filer impôts et dépenses de fonctionnement ainsi que d’autres budgets ou encore la dette, selon une rhétorique bien huilée trouvant son inspiration à l’Elysée, ayant été amplement démontrées lors du mandat précédent), mais sur la forme de son enregistrement par notre Conseil Municipal.

Voter le budget est l’acte fondateur sur lequel repose la politique menée dans notre collectivité, et engageant l’exécutif. Tous les Conseillers Municipaux étaient-ils pour autant présents, représentés ou excusés? non !

C’est d’autant plus surprenant quand cet abstentionnisme est le fait d’un groupe entier, appartenant officiellement à la majorité municipale, même si dernièrement des recours se multiplient autour des postes et attributions obtenus lors de la fusion des listes entre les deux tours avec le Maire sortant.

Qu’il soit dans la majorité ou pas, ou encore qu’il hésite entre les deux, un élu doit représenter ses concitoyens par les votes dont il devra leur rendre compte : s’abstenir est irresponsable.

24/02/2010

Quand on n’a pas d’idée, faut-il faire une campagne ad hominem ?

L’attristant épisode de la cabale orchestrée contre Ali Soumaré montre que la campagne mise en place par l’UMP en Ile-de-France semble plus guidée par de mauvais réflexes que par une réflexion ou une vision politique.

L’affaire, lancée opportunément un vendredi à l’heure de la fermeture des greffes, fait « pschitt » et se retourne contre l’envoyeur quand la procureure de Pontoise précise que les informations avancées par les élus UMP n’étaient pas publiques, imposant un exercice de rétropédalage semant le trouble jusque parmi les membres du Gouvernement ou à la tête de l’UMP, pourtant accoutumés à l’exercice par le style de gouvernance imposé depuis 2007.

Le temps des écoutes de l’Elysée et autres « boules puantes » (que s’était refusé à utiliser le Général de Gaulle lors de la campagne de 1965) a décidément la vie dure…

Le dévoiement de services de l’Etat sous des pressions politiques démontre une fois de plus la nécessité de plus d’indépendance et de transparence dans l’accomplissement de ces missions, en particulier la Justice.

Je ne sais pas si la liste qu’Ali Soumaré mène en Seine-Saint-Denis bénéficiera des errements de l’UMP, mais je sais pour quel parti je ne voterai pas aux prochaines élections.

17/10/2009

Pétition, communication d’Etat et publicité commerciale : télescopages…

Les hasards de la communication d’Etat omniprésente et de la publicité commerciale (annonces google), dont elle n’est pas toujours si éloignée, conduisent à d’improbables télescopages, comme celui découvert ce matin sur le site hébergeant la pétition demandant à ce que Jean Sarkozy renonce à postuler au poste de président de l’EPAD (Etablissement Public d’Aménagement de la Défense) lancée par Christophe Grébert, élu Mouvement Démocrate à Puteaux :

s’y côtoient une réclame pour un site d’avocats spécialisés en divorce (y compris celui entre élus UMP des Hauts-de-Seine comme à Courbevoie et l’Etat ?), une autre pour l’« Hôtel le dauphin » en gimmick du « fils de » par lequel et à qui tout arrive (comme un écho au Papamadi d’une génération antérieure), le tout chapeauté par le bandeau Pecresse-iledefrance, l’intéressée tentant d’éteindre la polémique au coté de l’actuel président touché par une limite d’age confirmée par l’Etat, tout en lançant sa campagne des régionales 2010 avec la puissance de conviction qui la caractérise, adoptant habilement comme logo « Changer, c’est possible »… Visiblement, ce n’est donc plus « ensemble » ni « tout » qui deviendrait possible : il faut vraiment changer quelque chose dans ce pays… ou quelqu’un.

14/03/2008

La prochaine mandature sera celle des chartes ou ne sera pas

Après la charte de la concertation, de l’urbanisme, de l’écologie etc., ou plus localement celle de l’ADCN ou celle concernant les antennes relais qui a connu quelques péripéties augurant mal d’une fusion in extremis, la liste « Nogent Passionnément » propose une « charte d’engagement démocratique » aux listes qui ont pu se maintenir au second tour.

Désireuse de garder un temps d’avance, la liste « Nogent, avec vous ! » est la première à y donner une réponse favorable, d’autant que la plupart des points de cette nouvelle charte figuraient déjà dans son programme ou dans la charte de l’ADCN.

Si un engagement de cet nature est bien sur positif, il ne faut pas pour autant perdre de vue les mécanismes sur lesquels l’action concrète s’appuie. Après tout, il s’agit d’une certaine forme de promesse politique…

La vigilance, c’est bien, mais in fine seule l’action compte.

08/03/2008

Dura lex, sed lex

Le code électoral est relativement simple concernant internet, les dispositions principales en ont été rappelées sur les principaux media nationaux avant la clôture de la campagne officielle vendredi 7 mars 2008 à minuit, elles sont disponibles partout sur internet et sont rappelées sur nombre sites de candidats, y compris à Nogent.

En particulier :
* À partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale.
Cette disposition, qui s’applique notamment aux sites Internet des candidats, n’impose pas leur fermeture. Cependant, elle interdit toute modification du contenu du site qui s’analyserait comme un nouveau message. Les blogs ou les forums doivent être suspendus pendant cette période.

Pourtant le site d’une liste en lice à Nogent-sur-Marne diffuse 20 heures après la clôture de la campagne officielle un nouveau message à caractère de propagande :



Ne pas respecter la loi la veille du scrutin me paraît bien peu cohérent pour une candidate qui revendique une posture d’honnêteté, de sincérité et d’expérience…

07/03/2008

Much ado about nothing ?

Après Darcos, Hortefeux, Karoutchi, Devedjian : quelques jours avant le premier tour c’est la grande parade des ultras sarkozystes à Nogent.

Et la liste s’allonge si l’on énumère ceux qui n’ont pas fait le déplacement mais juste envoyé leur photo, dont le maire sortant empli nos boites aux lettres avec obstination : le Président de la République – malgré sa popularité toujours plus basse et le peu de confiance que lui accordent nos concitoyens «pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays», Fillon, Borloo, Bertrand rien que sur le tract d’aujourd’hui…

On peut légitimement s’interroger sur le désœuvrement ou la motivation de tous ces hauts personnages de l’état à voler au secours du maire sortant de notre petite ville, alors que les casseroles résultant de sa gestion dispendieuse et opaque semblent chaque jours plus lourdes a traîner.

Si je peux comprendre – sans l’excuser - l’intérêt politicien d’une manoeuvre coûteuse pour tenter d’influer les élections à Pau, l’enjeu n’est tout de même pas du même ordre chez nous. Par quel tour de passe-passe le maire sortant est-t-il parvenu à mobiliser ainsi la fine fleur du sarkozysme avec un bilan pareil ?

Le mystère s’épaissit… en attendant que le verdict des urnes fasse tomber ces gesticulations de fin de règne dans l’oubli.

27/02/2008

Respect

De la Constitution de 1958
Article 5 : Le Président de la République veille au respect de la Constitution.

Article 62 : Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.

Demander à la cour de cassation un moyen de passer outre la décision du Conseil Constitutionnel contraire à la rétroactivité - principe intangible dans le droit français - du projet de loi Dati est, de la part d’un avocat élu président de la République, pour le moins déconcertant. Visiblement embarrassé, Bernard Accoyer, le président UMP de l'Assemblée nationale, tente de proposer une interprétation plus modérée des propos du Président, et l’Elysée indique alors que ce n’est pas au président de la Cour de Cassation que le Président de la République a demandé de chercher un contournement au retoquage par le Conseil Constitutionnel, mais à Vincent Lamanda personne privée, qui assure par ailleurs ces fonctions…

La pirouette ne trompera pas grand monde, et je crains de plus que tout cette polémique ne soit contre-productive : ce n’est pas au prix d’un populisme pénal ou constitutionnel que le Président se faisant apparaître comme le défenseur des victimes regagnera la popularité perdue en se détournant du programme sur lequel il a été élu.

De la fonction présidentielle

Lors de sa visite du salon de l’agriculture, le Président de la République – ou bien étais-ce Nicolas Sarkozy ? – a commis un écart de langage qui fait le tour des media après qu’une video soit diffusée sur internet (comme l’avait été celle du kärcher ou des pêcheurs du Guilvinec).

Ce n’est bien sur pas la première fois qu’un Président serait agressé verbalement durant la Cinquième République (ce qui reste sans commune mesure avec l’attentat du Petit-Clamart auquel le Général de Gaulle avait échappé de justesse), et cela ne sera probablement pas la dernière, sauf à changer de constitution très rapidement. Le malaise ne provient pas tant du coté injurieux du propos, que d’aucuns vantent comme faisant partie intégrante du nouveau « style » qu’il voudraient même plus « viril » encore, que d’un apparent manque de maîtrise de la part du chef de l’Etat : chacun garde à l’esprit que le Président de la République Française est le détenteur du feu nucléaire… un argument dont il faut user avec sagesse et modération s’il en est.
Pour mémoire, son prédécesseur à qui on avait lancé le qualificatif incriminé au sortir d’une église dans le Gers avait eu la présence d’esprit de répondre « enchanté, moi c’est Jacques Chirac », ou encore le Général de Gaulle de faire allusion au « vaste programme » de son contradicteur… Dans un entretien présenté par Le Parisien comme accordé à ses lecteurs le Président fera-t-il amende honorable quelques jours plus tard en revendiquant « les défauts de ses qualités » pour lâcher finalement « cela étant, j’aurais mieux fait de ne pas lui répondre » ? pas même du bout des lèvres, ces propos s’avèreront ensuite n’avoir jamais été prononcés par le Président, mais ajoutés lors de la relecture par l’Elysée...

De la laïcité de l’Etat

Pilier fondateur de notre société, c’est cette laïcité qui a permis de construire notre modèle social et d’en maintenir la cohésion face au risque chaque jour plus grand de dérives communautaristes.

Entrer sur ce terrain pour alimenter des polémiques par des amalgames et des déductions hasardeuses est inutile et dangereux.

A l’occasion du discours lors du 23eme dîner du CRIF, le Président de la République a réaffirmé sa conception particulière de la laïcité, après avoir décrété une nouvelle pédagogie du devoir de mémoire de la Shoah à l’école qui fait une quasi unanimité contre lui, dont Simone Veil ou François Bayrou dénonçant cette mesure déplacée et dangereuse… Une mission de réflexion a ensuite été nommée pour prendre un peu de recul.

Quelques jours plus tard, la conseillère spéciale de l’Elysée Emmanuelle Mignon a soulevé un nouveau tollé en affirmant que « Les sectes sont un non problème », et quant à une révision de la loi de 1905, déjà évoquée dans le livre «la République, les religions, l'espérance» signé en 2005 par Nicolas Sarkozy (alors Ministre de l’Intérieur), «ce sera fait durant le quinquennat ». Conseillère spéciale auprès du Président de la République, c’est elle qui serait à l’origine du discours du Latran avec sa «laïcité positive» affirmant que «l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur» (mais probablement pas de la mise en scène…), et du discours de Ryad soutenant que « Dieu n’asservit pas l’homme mais le libère » ou exaltant «l’héritage civilisateur des religions» face à une «morale laïque risquant de s’épuiser». Autre conseiller spécial et auteur de discours à polémique comme celui de Dakar ("Le drame de l’Afrique, a-t-il déclaré, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire (...). Jamais il ne s’élance vers l’avenir (...). Dans cet univers où la nature commande tout (...), il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès."), Henri Guaino défend cette position d’abord par des accusations de dénaturer ou de tronquer les propos, mais surtout par un « impératif politique » qui serait lié à monarchie saoudienne.

Selon une tactique de communication désormais très répandue chez les conseillers de l’Elysée après avoir été soigneusement éprouvée pendant la campagne présidentielle, Emmanuelle Mignon a ensuite démenti ces propos, tandis que l’hebdomadaire maintenait sa version de l’entretien.

Au delà de la forme le fond demeure : est-ce le rôle de l’Etat Français que parler autant de la religion ?

De la vie privée

L’effet boomerang du populisme médiatique que le président élu a tant mis à contribution pendant la campagne et au début de son mandat au risque de confondre transparence et exhibitionnisme semble lui échapper aujourd’hui. Le ressort de la polémique du SMS ne repose pas directement sur l’atteinte à la vie privée ou à la liberté de la presse de protéger ses sources : qu’importe que le SMS soit vrai ou faux s’il suffit qu’il soit plausible ? Nos concitoyens ont maintenant appris à connaître leur Président au hasard de ses pérégrinations – même s’ils ne l’avaient pas souhaité.

Après ces ratages de communication en série, le Président en appelle à serrer les rangs autour de lui… au point d’en faire perdre les restes de crédibilité auxquels certains espéraient encore prétendre à force d’outrance (cf. le panel d’argumentaires récent sur le site de Marianne).

Des Nogentais

Plus proche de nous, le maire sortant semble avoir fait preuve d’une conception du respect de ses concitoyens qui donne aussi à réfléchir, même si elle s’inscrit en droite ligne de la nouvelle acception du terme très en vogue dans certains cercles de la France d’en haut, notamment par l’argumentation à géométrie variable utilisée pour justifier les très fortes augmentations des taxes qu’il a imposées au cours de son mandat.

Le respect est lent à gagner, et vite perdu quand on le néglige.

20/02/2008

Le PSLE de Nogent-sur-Marne soutient la liste de Marie-Anne Montchamp

A l’occasion de sa Convention Municipale, le Parti Social Libéral Européen – ou Nouveau Centre - du Val-de-Marne vient de se doter d’une Fédération Départementale, qui a désigné son président à l’unanimité (« plus de cent adhérents »), l’objectif avoué étant de (dé) « montrer son « existence politique » en tirant parti des « opportunités » découlant des difficultés rencontrées par ses alliés ou adversaires.

Figurant dans un premier temps au coté du maire sortant, en particulier par la présence de son adjoint aux affaires juridique (poste central de la mandature qui s’achève), le Nouveau Centre soutien désormais la liste de Marie-Anne Montchamp.

Nul doute que le maire sortant va rapidement corriger la page d’accueil de son site pour ne pas risquer une confusion dans l’esprit des électeurs, bien involontaire sans doute, sur les différents soutiens sur lesquels il peut encore compter aujourd’hui:

L’explication arithmétique de ce soutien est détaillée à la fin du courrier diffusé par un blog local et a le mérite d’éviter la langue de bois :
« Après discussion, constatant que la liste de M Martin n’offre que trois places au Nouveau Centre alors que, dans le même temps, Mme Montchamp offre sept places sur sa liste pour le Nouveau Centre et soutiendra une candidature Nouveau Centre sur Nogent lors des élections cantonales de 2010, la section de Nogent décide d’apporter son soutien à la liste de Marie-Anne Montchamp. »

Comme l’aurait dit Edgar Faure, il semble que le vent tourne… au moins, cette fois-ci c’est dans le bon sens pour les Nogentais.

Ump au chômage

Signalé par un hebdomadaire satirique, les media reprennent aujourd’hui le couplet sur la nouvelle pierre dans le jardin de l’ump : pendant plus de huit mois le député-maire d’Aulnay-sous-Bois a cumulé ses allocations chômage (environ 1500 euros mensuels) avec ses indemnités de maire ainsi que ses indemnités de parlementaire (pour un montant total, net ou pas très net, qui fait tache d'huile, comme doit en convenir le porte-parole de l’ump qui reconnait que cette affaire « donne une assez mauvaise image des parlementaires » , en tout cas de certains d’entre eux, qui n’en avaient pas besoin).

L’intéressé clame son honnêteté en dénonçant une manoeuvre… peut-être, mais on peut alors légitimement s’interroger sur ses aptitudes à occuper ses fonctions électives alors qu’il s’est montré particulièrement peu efficace dans les démarches pour régulariser sa situation, et peu clairvoyant concernant le risque qu’il courrait de ce fait.

Pour mémoire, un extrait de la proposition de résolution cosignée le 8 novembre 2007 par le même Gérard Gaudron élu en juin :

Au vu de cette liste d’exemples qui est loin d’être exhaustive, il apparaît que les évaluations du montant total des fraudes aux prestations et prélèvements sociaux ne sont pas exagérées.

Il est évident que ces montants colossaux ne peuvent que peser de façon néfaste sur le respect des objectifs primordiaux que sont la maîtrise des dépenses publiques et la lutte contre les déficits et la dette de l’État. Leur ampleur ne peut que limiter l’efficacité de la modernisation de la gestion publique et des réformes engagées par le gouvernement afin d’assainir nos finances publiques.

Mais au-delà des questions financières, la lutte contre ces fraudes, qui sapent les fondements de notre cohésion nationale, est aussi un devoir moral. Comment demander à nos concitoyens de faire plus d’efforts alors que certains abusent de la générosité de notre pays ? Comment leur demander de financer les comportements indignes de quelques-uns ?

01/02/2008

Referendum

Le 4 février 2008, l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en congrès doivent se prononcer sur la mise en conformité de la Constitution française préalablement à la ratification du Traité de Lisbonne, dit « simplifié ».

Selon un sondage récent, 59% des Français sont en faveur d’un nouveau referendum, contre 33% pour une ratification parlementaire (ce chiffre reste un peu supérieur au score du président au premier tour de 2007 : 31%, le seul des principaux candidats à avoir refusé le referendum, pour cette question comme toute autre d’ailleurs) – si cela pèse sur les atermoiements en cours à l’assemblée, c’est une fois de plus la confusion qui l’emporte alors que les Français et l’Europe voit s’échapper une occasion de sortir « par le haut » de la crise de 2005, et d‘une défiance encore plus grande de nos concitoyens envers notre classe politique et nos institutions … sans pour autant qu’une ratification française « à la hussarde » ne soit pour autant une garantie de sortie de crise, l’Irlande devant se prononcer en mai ou juin dans un climat difficile.

« Ce que le peuple français a décidé, seul le peuple français peut le modifier », disait François Bayrou voici un an à Strasbourg…

Je laisse la conclusion au Président de la République :


Citation intégrale : Nicolas Sarkozy, 9 mai 2004, Conseil national de l'UMP, Aubervilliers :
« Si l'Europe reste la seule affaire des responsables politiques et économiques, sans devenir la grande affaire des peuples, reconnaissons que l'Europe sera, à plus ou moins brève échéance, vouée à l'échec. Bien sûr, l'Europe doit être au service des peuples, chacun peut le comprendre. Mais l'Europe ne peut se construire sans les peuples, parce que l'Europe, c'est le partage consenti d'une souveraineté et la souveraineté, c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration Européenne, il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple. Si nous croyons au projet Européen comme j'y crois, alors nous ne devons pas craindre la confrontation populaire. Si nous n'expliquons pas, si nous ne convainquons pas, alors comment s'étonner du fossé qui risque de s'amplifier chaque jour davantage entre la communauté Européenne et la communauté Nationale ? »

29/01/2008

Où sont les valeurs ?

D. Bouton (président de la Société Générale, auteur voici quelques années d’un rapport sur la bonne gouvernance d’entreprise… cela ne s’invente pas), est sur un siège éjectable, après la mise au jour au sein de l’établissement qu’il dirige d’activités émanent d’un employé ayant mis en jeu des sommes colossales en dépit de tous les contrôles supposés les encadrer, sommes de l’ordre de la totalité de la collecte de l’impôt sur le revenu dans notre pays – et il ne serait pas un cas isolé… On peut aussi noter que la perte pour la Banque se traduira aussi par un manque à gagner pour l’Etat (environ 1.6 milliard d’impôt sur les sociétés).

Pendant ce temps, le moral des ménages français – ceux qui payent des agios dès que leur compte est dans le rouge - est à –34, le niveau le plus bas depuis la création de l’indice par l’Insee en 1987 : un dommage collatéral du choc de confiance ?

En marge d’une discussion concernant ce qui est devenu l’affaire Société Générale, ce matin dans Inter Activ’ (29/01/07 autour de la minute 15 sur 18) sur France Inter Jean Arthuis s’est félicité du signe de « maturité politique » pour nous tous donné par Eric Woerth, Ministre du Budget, qui accepte désormais de débattre de la TVA sociale. Certes, mais ce dernier persiste à considérer possible l’objectif de croissance 2008 de 2.25% auquel notre Ministre de l’Economie se raccroche comme à une bouée de sauvetage (réflexe d’une carrière antérieure ?) avec une pratique forcenée de la méthode Coué - elle qui jugeait la veille du krach « Société Générale » que les "banques françaises sont solides"… en tout cas aussi solides que leur maillon le plus faible si un seul employé peut réduire à néant le bénéfice d’une année. Cerise sur le gâteau, la ministre aurait été au courant dès le 20 janvier, si l’on en croit Europe1.

Il reste un peu de chemin à parcourir vers une pleine maturité politique pour nombre acteurs de la vie publique, que cela soit au sommet de l’état, ou à la tête de notre municipalité… A Nogent, le maire sortant répugne à parler de la dette : malgré les très fortes augmentations d'impôts que nous avons connues sous sa mandature, la dette elle aussi a beaucoup augmenté (celle de la ville, et celle de l'agglomération de communes). Pour donner le change, par exemple lors de la présentation du budget primitif du 17 décembre dernier, deux transparents sur les 104 étaient fallacieusement intitulés "Dette" mais ne parlaient que des intérêts de la dette ou de l'annuité de remboursement, pas du montant de la dette. Le plus inquiétant n'est pas tant la situation de la dette de la ville que la désinvolture avec laquelle elle est considérée, avec le risque de la même dérive sur le plan local que ce qui est constaté sur le plan national appuyée par des arguments du genre "Nogent n'est pas assez endetté". Comme si on pouvait n'être pas assez endetté!

La dette, que ce soit celle de l’état, celle de Nogent ou de la communauté d’agglomération de la Vallée de la Marne, c’est celle de tous les concitoyens (et de leurs enfants), ce sont eux qui en supportent la charge et qui la rembourseront, intérêts et principal : il n’est pas responsable de la leur cacher.

Je crois qu’il faut savoir regarder les choses en face, et comme il fallait avoir le courage de parler de la dette de l’état pendant la campagne présidentielle, il ne faut plus nier que la mondialisation change l’économie française, et que le déclin entamé voici un quart de siècle ne peut que s’aggraver tant que l’on gardera une politique d’autruche. Il va falloir arbitrer entre l’essentiel et l’accessoire (au plan national comme au plan local), se concentrer sur la création de valeur (pour nos concitoyens, et aussi pour le reste du monde). Nos marges de manœuvres déjà faibles se réduisent de jour en jour.

Il va falloir se préparer à un dur retour à la réalité après les municipales.