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17/10/2009

Pétition, communication d’Etat et publicité commerciale : télescopages…

Les hasards de la communication d’Etat omniprésente et de la publicité commerciale (annonces google), dont elle n’est pas toujours si éloignée, conduisent à d’improbables télescopages, comme celui découvert ce matin sur le site hébergeant la pétition demandant à ce que Jean Sarkozy renonce à postuler au poste de président de l’EPAD (Etablissement Public d’Aménagement de la Défense) lancée par Christophe Grébert, élu Mouvement Démocrate à Puteaux :

s’y côtoient une réclame pour un site d’avocats spécialisés en divorce (y compris celui entre élus UMP des Hauts-de-Seine comme à Courbevoie et l’Etat ?), une autre pour l’« Hôtel le dauphin » en gimmick du « fils de » par lequel et à qui tout arrive (comme un écho au Papamadi d’une génération antérieure), le tout chapeauté par le bandeau Pecresse-iledefrance, l’intéressée tentant d’éteindre la polémique au coté de l’actuel président touché par une limite d’age confirmée par l’Etat, tout en lançant sa campagne des régionales 2010 avec la puissance de conviction qui la caractérise, adoptant habilement comme logo « Changer, c’est possible »… Visiblement, ce n’est donc plus « ensemble » ni « tout » qui deviendrait possible : il faut vraiment changer quelque chose dans ce pays… ou quelqu’un.

12/04/2008

Paris en Ile-de-France : la guerre des rapports aura bien lieu

Les enjeux sont multiples et d’importances, en témoigne l’intérêt d’un nombre chaque jour grandissant des personnalités qui se pressent pour faire leur numéro à ce que certains appellent déjà le Grand Paris Circus.

Cette semaine a vu la diffusion du rapport du CESR (conseil économique et social de la région Ile-de-France), la commission Planchou (président du groupe PS au conseil régional d’Ile-de-France) présenter dans son rapport sa vision des scenarii pour l’avenir de la métropole Paris Ile-de-France, et la présentation de Philippe Dallier (Sénateur UMP de Seine Saint-Denis) au Sénat prônant la fusion des départements de la petite couronne et de Paris (seule la synthèse est disponible, le rapport complet devant l’être d’ici quelques jours).

Le sommet de l’Etat a clairement manifesté sa volonté d’intervenir directement sur ce terrain, affirmant vouloir dépasser les clivages politiques qui semblent néanmoins très présents, doublés d’une certaine réticence de nombre élus locaux à la suppression des départements de la petite couronne : le choix de Christian Blanc (Secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, PSLE Nouveau Centre) semble habile, lui qui fût dans le passé l’homme de situations difficiles (en particulier en contribuant à éviter la faillite d’Air France), mais aussi qui reste soucieux des moyens nécessaires à l’efficacité de ses stratégies et de son indépendance de vues (démission de la RATP sur le service minimum, d’Air France sur la modernisation…).

Dans la bataille politicienne figurent en bonne place Roger Karoutchi (Secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement auprès du Premier ministre, UMP) et ses ambitions sur la région, Philippe Devedjian (vice président de l’UMP) cherchant toujours un tremplin, Bertrand Delanöe (Maire PS de Paris) apparaissant un peu en retrait dans l’effervescence actuelle mais très attentif à ce dossier (Conférence Métropolitaine) qu’il préfère intituler Paris Métropole, ou encore Jean-Paul Huchon (Président PS du Conseil Régional d’Ile-de-France) se raidissant à la perspective d’être relégué à la gestion de la grande couronne seule par ce qu’il dénonce comme une manœuvre de l’Etat de reprendre le contrôle de la petite…

La kyrielle de dénominations (District de Paris, Paris Capitale, Région Capitale, Coeur de France, district fédéral de Paris, Paris coeur d'agglomération, Paris tout court, etc.) n’aide pas pour autant au décodage de la réalité des options, forces et intérêts en présence pour les populations concernées…


Ce grand chantier ne fait que commencer.

15/01/2008

Le grand pari

Affluence record hier soir au débat du Forum Nogentais (intitulé Logement, transports, pollution, inégalités, développement… : comment rééquilibrer la Région parisienne ?), les retardataires ont du rester debout – il faut dire que les candidats aux municipales étaient venus en rangs serrés.
Un exposé à la fois concis et précis de Vincent Fouchier (vice-président de l’IAURIF et coordonnateur du nouveau SDRIF) et de Pierre Mansat (adjoint au maire de Paris).

D’un coté, une approche plutôt technocratique présentant la panacée du moment pour résoudre les défis et incertitudes multiples que représente le quart de siècle à venir pour l’Ile-de-France (sociaux, environnementaux, infrastructuraux, démographiques, économiques, etc.…), et qui tient en un néologisme : la densification.

Il fût énoncé que ce remède est inévitable d’après les projections, et d’ailleurs qu’une enquête publique sans précédent a été menée (résultats à paraître d’ici quelques jours - 55 000 foyers consultés sur les 4 500 000 du bassin de population concerné), de plus une pédagogie d’envergure non moindre a été mise en place, et donc qu’il n’y a plus qu’à prendre la décision politique… Certes. L’orateur a toutefois nuancé la marge d’erreur des projections en rappelant que dans les années 60, époque de la planification des villes nouvelles, une population de 17M d’habitants était projetée pour l’an 2000 – et nous sommes autour de 11M aujourd’hui.

De l’autre, un constat un rien désabusé du risque de blocage que représente la gouvernance nécessaire à l’application d’un tel schéma , car depuis les années 60 la décentralisation a fait son chemin. L’obstacle ne se posait pas en Espagne, ou l’état seul a pu décider de la réalisation à Madrid en quelques année un métro comparable à celui de Paris.

L’approche prônée est plus politique, mais a le mérite de ne pas éluder un levier clé : le financement. Le maire de Paris propose de mettre la main au budget et de partager « sa » taxe professionnelle avec les communes alentours pour certains projets (par exemple un métrophérique transverse qui relierait les lignes existantes par une ceinture située à 6 ou 7 km du périphérique comme projet fédérateur) – à condition que les communes « riches » du 92 fassent de même.

Les questions ont bien sur fusé concernant qui la santé publique (le progrès technologique y remédierait), qui la qualité de vie… D’un point de vue quantitatif des objectifs ont été cités (j’ai noté 10m2 d’espace vert par personne, 35 logements à l’hectare – contre 30 au Royaume-Uni), le concept de polycentricité (zone densifiées sur 1000m autour des gares, par exemple). Notre maire a fort justement fait remarquer (pour une fois que je suis d’accord avec lui, je dois lui en donner acte) que le taux d‘emploi varie presque du simple au double entre les Hauts-de-Seine (ou Paris) et le Val-de-Marne, et que le développement économique est un aspect incontournable – à quoi il fut répondu qu’ il est plus facile d’agir sur le levier des logements, car «on ne décrète pas des emplois », mais que bien sur il allait être fait en sorte que les emplois suivent les zones « densifiées » …

Une étape du raisonnement m’a peut-être échappé ou n’aura pu être évoquée faute de temps, mais la cohérence de l’argumentation d’ensemble m’a laissé perplexe. Quant à la méthode prônée visant à tout mettre en place « rapidement » afin d’obtenir un basculement global en minimisant la période de transition, elle ne m’a pas convaincu. En aparté, j’ai demandé s’il était envisageable de tester d’abord sur des zones pilotes qui pourraient essaimer ultérieurement, avec un engagement moindre et laissant la possibilité au nouveau schéma de remporter l’adhésion chemin faisant tout en laissant plus de marge pour faire machine arrière : oui, tout est possible… était-ce un message subliminal ?


Je ne juge pas ici de la pertinence de la solution proposée au problèmes actuels et projetés, même s’il serait probablement instructif de savoir si des alternatives à la densification ont été considérées et pourquoi elles ont été rejetées, mais il me semble que l’acceptation par les populations concernées une fois mises au pied des murs est un élément clé de la réussite d’un tel plan. C’est bien d’une question de société qu’il s’agit, voire de civilisation puisqu’il est à la mode de galvauder, touchant à presque tous les rouages de son fonctionnement au quotidien. Si le schéma prévu n’est pas suffisamment bien toléré par les acteurs de cette société, il sera rejeté in fine, et le coût d’un rejet ne rendra pas plus facile la mise en place d’autres mesures. Il est crucial de ne pas l’engager à la légère.

Un tel enjeu ne peut pas se jouer sur un coup de dés, l’effort de pédagogie nécessaire ne fait visiblement que commencer.